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Par hasard (ou pas tout à fait)


Je ne dirais pas que je ne crois pas au hasard mais je suis persuadée que les choses n'arrivent pas par hasard...
Un jour d'été, me voilà avec 40 de température et frissonnante... Que se passe-t-il ? Une de mes nombreuses infections urinaires tourne à la pyélonéphrite.
Une écho de contrôle pour vérifier l'état de mes reins, l'échographe, pas très aimable, mais consciencieux regarde ma vessie. Puis me dit en partant, il faudrait aller voir votre gynéco à l'occasion j'ai vu un kyste sur un ovaire.
Ca fait tilt dans ma tête puisque nous sommes en essai bébé depuis un petit moment.
Episode 1 donc, merci la pyélo qui m'a permis de consulter la gynéco et sûrement de gagner de précieux mois.
Gynéco (pas aimable non plus d'ailleurs...) qui fait rapidement une supposition d'endométriose et me conseille d'aller faire le complément d'examens directement dans un hôpital ayant un service de PMA (ça pue du cul cette histoire).
Bien vu Madame, il s'avère que j'ai une jolie endométriose (enfin une explication aux contractions menstruelles suivies de crises de diarrhées et d'infections urinaires...). D'ailleurs je fais un petit coucou à une ancienne collègue infirmière qui avait réussi à me fait croire que mes infections urinaires étaient dues au psyché #connasse.
Bref, je vous passe les détails et toutes les émotions qui découlent de tout ça (évidemment il y en a eu un paquet). Mon objectif aujourd'hui c'est juste de vous expliquer pourquoi je suis persuadée que la majorité des choses n'arrivent pas par hasard.
Reprenons, me voilà avec une endométriose carabinée qui clairement annule tout espoir d'avoir un enfant naturellement (ça m'a été dit froidement aussi ça ! Mais où est l'empathie de certains soignants ?).
C'est parti pour la PMA (Youpi !) et on passe direct par les FIV, pas la peine de perdre son temps toute façon le chemin est bouché !
Bonne nouvelle nous sommes de bons candidats à la PMA (jeunes et beaux ;-))
Super je suis enceinte très rapidement après le transfert d'un seul embryon. 
Et paf ! Mauvaise nouvelle, après une dizaine de semaines et des taux qui évoluent mal, il s'agit d'un œuf clair.
Mais là encore pas de hasard, vous comprendrez pourquoi après ! 
(je vous passe l'hémorragie à la maison suite à la fausse couche qui aurait pu mettre la puce à l'oreille aux soignants mais qui a été minimisée puisque sûrement je m'inquiétais pour rien...)
J'ai de la chance, il me reste 2 petits œufs au congélo, cette fois on n'hésite pas et on met les 2 d'un coup.
Et paf ! Ça marche encore, me voilà enceinte pour de vrai cette fois et vu les taux à la prise de sang on devine vite que les 2 crevettes se sont accrochées.
Mon parcours PMA n'a pas été tout à fait aussi simple que ça mais nous avons été plutôt très chanceux sur ce plan.
Grossesse au top, me voilà à presque 40 SA prête à mettre bas (euh pardon accoucher !) Accouchement naturel puisque tout se présente bien, les contractions les doigts dans le nez (ben oui j'étais habituée avec les douleurs de règles insoutenables depuis l'âge de 12 ans...).
Les voilà sorties, tous s'accélère, je fais une hémorragie de la délivrance, mon utérus ne reprend pas sa place car mes organes digestifs sont en réalité complètement adhérés à mon utérus (avec les reins et la vessie aussi !). Bref c'était plus le bordel que ce que les médecins avaient envisagés.
Seul moyen de sauver mon utérus, un voyage en hélico dans un hôpital équipé à 150 Km mais je ne suis pas transportable trop de risques ! Donc seul moyen de sauver ma vie : retirer mon utérus !

Avec le recul je dis merci !
Merci le Hasard, si on veut l'appeler comme ça.
Merci pour cette fausse couche qui m'aura permis de ne pas avoir un seul enfant mais deux merveilles !
Merci cette hystérectomie qui me permet de ne plus souffrir des affreuses douleurs et de ces infections urinaires qui revenaient quasi tous les mois.
Merci le hasard, je n'avais pas conscience de vivre jusque là avec un tel handicap. Mais quel confort de vie gagné aujourd'hui.
Merci la vie.

Donner la vie mais rester en vie !


Pour commencer, ne soyez pas effrayés par le titre, l'histoire finit bien, la preuve je suis là pour vous en parler !
Je suis une heureuse maman de jumelles de bientôt 2 ans et demi.
Depuis leur naissance, les filles n'ont jamais été séparées de leur papa et moi-même plus d'une journée. Elles n'ont jamais été confiées plus d'une journée à quelqu'un.
Alors là certains se disent : "mais ils sont fous" "ils sont trop fusionnels" "faut couper le cordon" ou alors "ils ont raison", "je suis pareille". Le propos n'est pas là, je n'écris pas aujourd'hui pour avoir vos avis ou vos conseils. Sans vouloir vous vexer, je n'en ai pas besoin à ce sujet.
J'écris aujourd'hui, plutôt pour moi, un peu égoïstement, pour extérioriser certaines choses et peut-être aider quelques personnes,  qui sait.

Bon ! Je ne sais pas trop par où commencer... Il y en aurait tellement à écrire... 
L'endométriose, le parcours PMA, la fausse couche, la grossesse... Mais ces autres étapes feront peut-être l'objet d'autres articles.
Tout ça pour vous dire que nos filles ne sont par arrivées par hasard dans nos vies. Aujourd'hui toutes ces étapes sont loin derrière mais elles font partie de notre histoire, de notre ciment familial. Ces quelques épreuves citées vous donnent déjà un petit aperçu du pourquoi on les garde "que pour nous" et que nous ne les faisons pas tellement garder en dehors des temps de crèche.
Mais j'ai réalisé il y a peu que c'était autre chose, quelque chose de plus profond.
En devenant Maman, j'ai frôlé la mort.
Sans rentrer dans des détails médicaux et pas franchement ragoûtants, j'ai eu de grosses complications tout de suite après mon accouchement. Mon pronostic vital a été engagé et j'ai dû subir une intervention chirurgicale assez lourde. J'en profite pour faire un clin d’œil aux donneurs de sang qui m'ont aussi sauvé la vie, j'ai épuisé le stock de B+ avec 4,5 L de sang transfusé (en gros on m'a tout renouvelé !). Donc MERCI !
Bon ! Finalement je meurs pas ! Pendant ce temps papa s'occupe des filles, donne les premiers biberons, fait les premiers soins... J'ai le droit à un petit coucou en salle de réveil mais je suis bien trop gazée pour en profiter. Et hop, les filles partent en néonat' avec papa, et moi direction le service de réa pour être sûre que je ne meurs pas encore !
D'ailleurs, un petit aparté : mais avec le recul j'ai pas bien compris pourquoi mettre les filles en néonat' alors qu'elles n'en avaient pas besoin. Pourquoi ne pas les avoir installées dans une chambre de la mat' avec leur papa ? Sûrement parce que la place des pères n'est finalement pas si claire..
Me voilà partie pour 72h dans ce service sombre, triste, bruyant sur mon lit à eau qui m’empêche de dormir. Parce qu'à l'hôpital on te dit que tu es là pour te reposer mais vas y toi pour te reposer sur un lit qui te donne le mal de mer, 3 perf dans chaque bras, une sonde urinaire et des Redons que tu savais même pas que ça existait un truc pareil !
De la souffrance physique il y en a eu, mais elle paraît tellement minime après cette séparation et cette souffrance d'une mère qui devrait découvrir ses enfants. 
Cette rencontre qui a été imaginée dans le bonheur et en famille et qui tourne à la peur pour tout le monde.
Je suis dans ma chambre à attendre qu'on me libère. Et pendant ce temps là tout le monde peut leur rendre visite et les découvrir, sauf MOI !
Les soignants viennent à mon chevet pour voir comment je vais, mais surtout pour se rassurer, ben ouais ils ont bien flippé eux aussi !
Puis mon gynéco passe me voir pour me dire qu'il va faire en sorte que je retrouve mes filles dans une chambre de la maternité, qu'elles ont besoin de moi et que j'ai besoin d'elles pour me remettre. ALLÉLUIA !
Fausse joie ! On ne m'attend pas avec mes filles et mon chéri dans une chambre ! On me fait encore poiroter et souffrir. Et on a le culot de me demander pourquoi je pleure...

Après 4 jours interminables je récupère enfin mes bébés. Je vous passe des tas de détails énervants et finalement pas très importants... Les équipes de soin, pour résumer, sont vraiment parfois maltraitantes et oublient que sur le lit une personne humaine se cache. Il y a aussi évidemment, et c'est ce que j'ai envie de retenir, des professionnels en or !

Bref on s'éloigne du sujet ! Revenons à nos moutons ! Donc cette séparation douloureuse, même si elle peut paraître courte pour certaines qui ont vécu la prématurité par exemple, fait partie des raisons pour lesquelles c'est difficile de laisser nos filles.

Mais j'ai compris récemment, je pense que cette prise de conscience n'avait pas encore eu lieu, que c'est le fait d'avoir failli mourir qui impacte sur cette relation.
Pas parce que j'ai peur de mourir, mais parce que j'ai réalisé qu'elles sont passées tout prêt du fait de ne pas avoir de maman, de ne pas connaître leur maman.
J'ai réalisé que leur vie aurait été totalement différente, qu'elles auraient obligatoirement souffert du manque d'une mère. Qu'elles auraient forcément été proches de ma belle-famille qui aurait aidé leur papa. Immanquablement, beaucoup moins proches de ma famille...
Et ça c'est douloureux pour moi. Avoir réalisé cela, me donne encore plus envie de nous enfermer dans notre petit cocon familial, de ne pas laisser une place trop importante à notre entourage puisque je suis là, nous sommes réunis touts les quatre !
J'ai envie que chacun ait sa juste place et surtout je veux assumer mon rôle de mère complètement puisque je suis bien vivante...




En écrivant cet article j'ai une pensée émue pour une amie partie depuis bientôt 7 ans en laissant sa petite fille de 2 ans et demi (Madeline).